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Infogérance 7 min de lecture

Infogérance ou informaticien interne : que choisir ?

La question se pose généralement quand l'informatique commence à peser sur quelqu'un dont ce n'est pas le métier. Elle est mal posée : ce n'est pas un choix binaire, et la bonne réponse dépend surtout des compétences à couvrir.

Le raisonnement habituel compare un salaire à un forfait mensuel. C'est le mauvais angle : ce qui départage réellement, c'est l'étendue des compétences nécessaires et la continuité du service.

Le vrai sujet : la largeur du métier

« Informaticien » recouvre des métiers très différents. Le poste de travail, le réseau, les serveurs, la virtualisation, la sauvegarde, la sécurité, la messagerie, le développement : personne n'est excellent partout, et une PME a besoin d'un peu de tout.

Un recrutement unique aboutit donc presque toujours à un profil solide sur deux ou trois domaines, et en difficulté sur les autres. Ce n'est pas un problème de compétence, c'est un problème d'étendue — et il se manifeste au pire moment, quand un sujet sort de la zone de confort de la personne.

Ce que chaque formule apporte réellement

Comparaison sur les critères qui comptent en PME.
CritèreSalarié internePrestataire
Connaissance des métiersExcellente, présence quotidienneÀ construire, s'acquiert dans la durée
Réactivité sur le petit quotidienImmédiateSelon les engagements du contrat
Étendue des compétencesLimitée à un profilPlusieurs spécialités disponibles
ContinuitéInterrompue par congés, arrêts, départAssurée par l'organisation du prestataire
CoûtFixe, avec charges et équipementContractuel, ajustable au périmètre
DocumentationSouvent dans la tête de la personneContractuellement exigible
Regard extérieurFaible, habitude de l'existantComparaison avec d'autres environnements

Le risque le plus sous-estimé. La dépendance à une seule personne. Quand l'informatique tient dans la tête d'un salarié qui n'a rien documenté, son départ — ou simplement trois semaines de congés — met l'entreprise en difficulté. Ce risque existe aussi avec un prestataire, d'où l'importance d'exiger la documentation par contrat.

Quand le recrutement se justifie

Plusieurs situations le rendent pertinent, seul ou en complément :

  • Une application métier centrale, spécifique, qui demande une présence quotidienne et une bonne connaissance des processus.
  • Un environnement de production où l'informatique est adossée à l'outil industriel.
  • Un volume de demandes utilisateurs qui occupe manifestement une personne à temps plein.
  • Des contraintes sectorielles imposant une maîtrise interne des données.

Dans ces cas, le recrutement répond à un besoin que l'externalisation couvre mal : la présence et la connaissance fine du métier.

Quand l'externalisation suffit

À l'inverse, elle est généralement le bon choix quand l'informatique est un support et non un outil de production : bureautique, messagerie, partage de fichiers, une ou deux applications standard, un serveur ou deux.

La charge réelle ne justifie alors pas un poste, mais elle justifie une attention régulière — celle que personne ne donne quand l'informatique est le troisième chapeau d'un salarié déjà occupé.

Le modèle mixte, le plus fréquent

Dans les PME structurées, la question ne se tranche pas : les deux coexistent, avec un partage clair.

L'informatique interne prend le support quotidien, la relation avec les utilisateurs, le suivi des applications métier et la connaissance des processus. Le prestataire couvre l'infrastructure — serveurs, virtualisation, réseau, sauvegarde, sécurité —, les projets, et assure la continuité pendant les absences.

Ce modèle a un autre avantage, souvent décisif : le salarié interne n'est plus seul face à un sujet qu'il ne maîtrise pas, ce qui est autant un confort pour lui qu'une sécurité pour l'entreprise.

La condition de réussite. Écrire qui fait quoi. Un périmètre flou produit systématiquement des angles morts : chacun suppose que l'autre surveille les sauvegardes, et personne ne les surveille.

Comment trancher

  1. Estimez le temps réellement consacré à l'informatique aujourd'hui, et par qui.
  2. Listez les domaines à couvrir : poste de travail, réseau, serveurs, sauvegarde, sécurité, messagerie, applications.
  3. Demandez-vous ce qui se passe quand cette personne est absente trois semaines.
  4. Regardez si un domaine critique n'est aujourd'hui couvert par personne — c'est presque toujours la sauvegarde ou la sécurité.

Si le point 4 révèle un trou, c'est là qu'il faut commencer, quelle que soit la formule retenue ensuite.

Questions fréquentes

À partir de combien d'utilisateurs recruter en interne ?

Il n'y a pas de seuil universel, parce que la charge dépend autant du nombre de serveurs et d'applications que du nombre de personnes.

Une question plus utile : le volume de travail justifie-t-il un poste à temps plein, et couvre-t-il l'ensemble des compétences nécessaires — poste de travail, réseau, serveurs, sécurité, sauvegarde ?

Un informaticien interne et un prestataire, n'est-ce pas payer deux fois ?

Non, si le partage est clair. L'interne traite le quotidien et connaît les métiers ; le prestataire couvre l'infrastructure, les projets et les compétences ponctuelles.

Ce qui coûte cher, c'est un périmètre flou où chacun suppose que l'autre s'en occupe.

Comment éviter de dépendre de son prestataire ?

En exigeant trois choses au contrat : la documentation de l'environnement, la restitution des accès administrateurs en fin de relation, et la propriété des développements réalisés. Un prestataire qui les accepte joue la relation sur la qualité.